La Croatie, enfin…

La Croatie, enfin…

This entry is part 1 of 9 in the series La Croatie et Venise en Astus 20

18h30, nous voilà en voiture, le bateau attelé derrière, en chemin pour la Croatie.
On est loin d’être les seuls sur la route, y compris sur l’autoroute qui mène à Trieste (1), près de la frontière italienne.
Il nous faut plus de 3 heures pour parcourir les 170 km qui nous séparent de la frontière avec la Slovénie.

De là, profitant d’une autoroute flambant neuve très bien équipée, mais sur laquelle nous nous emmêlons les pinceaux dans les embranchements, nous mettons un peu plus d’une heure pour traverser cette partie de la Slovénie et enfin atteindre la Croatie à 23h.
On se retrouve alors sur une petite route chaotique qui nous mène jusqu’à Rijeka (2) mais qui doit maintenant être doublée par une nouvelle autoroute.

On pourrait s’arrêter là mais l’on nous a décrit les îles de cette partie nord de la Croatie comme étant moins jolies que celles du sud car moins couvertes de végétation.

Pour poursuivre notre descente vers le sud, nous hésitons entre 2 options:

  • Prendre l’autoroute, payante, qui double quasiment le chemin à parcourir
  • Passer par la route du bord de mer.

Vu l’heure tardive, nous optons pour le bord de mer qui devrait être désert à cette heure-ci.
Cette route est agréable, suffisamment large pour accueillir camions et bateaux en remorque. Mais son tracé sinueux et la pluie limite notre vitesse à 50 km/h. A 1 heure du matin, après avoir passé Seng (3), nous ne sommes plus très loin de retrouver l’autoroute. Je m’arrête dans la nature, au bord d’un petit village (4), pour piquer un somme à l’instar du reste de l’équipage qui ronfle depuis un bon moment.

8ème jour, changement de temps

Nous reprenons notre chemin sous un temps gris et pluvieux. Nous revoilà sur une autoroute toute neuve.
Arrêt dans une station service pour le petit déjeuner. On s’achète des friands sans trop savoir ce qu’ils contiennent et y découvrons, au hasard … du fromage ou de la confiture ou encore de la viande.

Moi qui m’attendais au pire, je m’émerveille de la modernité des installations de la station à l’image des gonfleurs automatiques de pneumatiques, sur lesquels il suffit de programmer la pression désirée.

Tandis que nous grimpons le relief, nous nous enfilons dans un long tunnel au sommet. A la sortie, le temps a complètement viré de bord.
Plus de pluie ni de nuage, c’est maintenant grand ciel bleu… et vent musclé.

Nous voilà en pleine Bora, ce vent du nord comparable au Mistral de par chez nous, et qui me paraît encore plus violent par ici. Des panneaux lumineux surplombant l’autoroute donnent régulièrement des indications de vitesse. Dans les passages les plus exposés, les panneaux indiquent une vitesse limitée à 40 km/h … et je vous assure qu’il ne vous viendrait pas à l’esprit d’essayer de rouler plus vite, même sans bateau accroché derrière. Les voitures font des embardées de 60 centimètres dans les rafales!
Dans l’autre sens, les motards et les camping-cars sont stationnés en bas d’une descente, incapables de continuer face au vent.

Je n’ai pas pensé à mesurer la vitesse du vent à l’anémomètre mais on apprendra que ce jour là, un semi-remorque s’est fait renverser par une rafale tandis qu’un camping sur une île a dû être évacué…
Pour notre premier jour en Croatie, nous voilà gâtés. Une Bora au maximum de l’échelle de Richter !

Evidemment, pas question de mettre le bateau à l’eau. Surtout avec le souvenir encore tout frais de l’orage Vénitien de la veille.
Puisqu’on ne peut pas naviguer, autant en profiter pour avancer plus au sud. Nous passons Zadar (5) et poursuivons jusqu’à Skradin (6), au pied du Parc Naturel de Krka.

Nous y faisons escale dans le camping Camp Marina, mentionné dans le Guide du Routard pour son accueil et ses tarifs raisonnables… donc fréquenté à 75% par des français (mais vraiment pas grand monde au total).

Contrairement à ce que pourrait laisser croire son nom, il est situé dans les terres à plusieurs kilomètres de tout point de navigation… L’accueil y est effectivement sympa, les prix inférieurs au concurrent installé juste avant et les emplacements… exposés à la Bora.

On se balade dans le village de Skradin à la recherche d’une mise à l’eau, sans succès. On se serait bien vu partir d’ici et parcourir la quinzaine de kilomètres de lac et de fleuve pour accéder à la mer.

Skradin est un charmant village dont le tourisme est dopé par l’embouchure toute proche de la rivière Krak et de son parc naturel.

Les vacanciers sont embarqués en navette aquatique pour rejoindre le parc en amont. Même si nous avions pu mettre le bateau à l’eau, nous n’aurions pas été autorisés à rejoindre le parc ainsi, car les autorités veulent pouvoir contrôler son accès payant.

Délestés de notre remorque encombrante, nous profitons de l’après-midi pour aller repérer des mises à l’eau qu’on nous a indiquées un peu plus loin à Bilice (7). L’inclinaison de la pente de la première cale est si faible qu’il vaut mieux l’utiliser à marée basse, le lendemain matin. L’autre cale est parfaitement inclinée… mais barrée par un amas de cailloux.

Nous terminons la journée par la visite de Sibenik (8). La ville est sympa avec ses beaux monuments anciens et ses ruelles en pierre. Le long quai du bord de mer est plein de bateaux de croisière. Vraiment pas adapté à notre petit bateau et pas de mise à l’eau en vue.

9ème jour

Au petit matin, Florence affiche une mine pas trop fraîche. On n’avait pas pris la peine, la veille, de bien garer la remorque face au vent et, dans le bateau, elle s’est fait secouer toute la nuit par les violentes rafales, pendant que je pionçais ferme dans la camionnette garée dans l’axe du vent.

Le vent est toujours fort. Nous préférons décaler nos projets de navigation et aller faire un tour dans le parc naturel (9) tout proche.
En compagnie de nombreux autres touristes, dont pas mal de français, nous déambulons à travers le parc sur un chemin qui prend souvent des allures de ponton et serpente entre les innombrables bassins.

L’endroit est surprenant. Un univers aquatique et végétal, si dense et tellement enchanteur qu’on a parfois peine à croire que tout cela est naturel.

Chaque bassin regorge de poissons de belle taille. On aperçoit même un serpent nageant entre les herbes.

A la fin de l’excursion, on arrive au clou du spectacle. Le bouquet final des cascades !

Malgré la température frisquette à cause du vent et du ciel en partie voilé, les filles se mettent à l’eau pour nager jusqu’aux abords des torrents d’eau.

Le reste de la rivière se calme ensuite pour rejoindre Skradin.

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