L’île de Ré en Astus 20.1

L’île de Ré en Astus 20.1

Le test

Notre but était de tester un Astus 20 sur une semaine afin de voir si ce type de trimaran correspond à notre programme de navigation. Pour ce faire, j’ai loué FASTUS, un Astus 20 de 2006, chez Rivages Location à La Rochelle (1).

Un coup de chapeau pour ce loueur. Son entrepôt principal avait disparu dans un incendie deux jours avant notre arrivée… et nous avons néanmoins pris possession du bateau au complet, sur remorque, avec seulement une heure et demie de retard sur l’horaire prévu, avec un moteur neuf et le flotteur tribord réparé puisque le livre de bord y signalait une entrée d’eau.

Direction Ré par le pont avec Fastus sur la remorque… et déjà, il nous faut revoir nos plans. Nous avions prévu de mettre le bateau à l’eau à la cale de l’école de voile de La Flotte en Ré (2), de faire un peu de rando et de le laisser quelques fois au corps mort face à cette cale.

Neptune et Eole en ont décidé autrement puisqu’avec un temps menaçant, 13 degrés au petit matin, et force 4 à 5 annoncé en moyenne sur la semaine (plus un coup de vent à force 8), il nous a fallu trouver un plan B : plus question de rando sur plusieurs jours …

Nous nous dirigeons vers la mise à l’eau au bassin à flot de Saint Martin de Ré (3) (13€ à payer au bureau du port) et nous décidons de sorties à la journée.

La mise à l’eau, qui était une première totale pour nous, s’est correctement passée; hormis un mâtage laborieux pour lequel il faudra que nous prenions des cours complémentaires (j’avais oublié de prendre la vidéo « Mise à l’eau d’un Astus 20 en 6mn 30 par Jean-Marc »), et de ce fait, la mise à l’eau a bien duré une heure…

Il faut dire que nous avions tout à découvrir. Nous n’avons pas compris comment éviter le basculement latéral du mât lors du mâtage et la même question s’est posée au démâtage… Heureusement que nous avons trouvé un badaud équipé d’une carrure de rugbyman pour nous aider à démâter !

Première sorties

Nous amarrons Fastus dans le bassin et nous préparons notre première sortie.

Compte tenu du vent, et avec un ris au dessus de force 4, nous commençons par des sorties entre Saint Martin (3), la Flotte en Ré (2), la pointe de l’Aiguillon (4) en Vendée et retour sur Loix (5).

Force est de constater que Fastus, dans ces conditions de vent, est extrêmement tonique, et nous abattons les milles à la vitesse d’un canot à moteur… Parfois un peu mis à mal par les vagues, lorsque le flotteur au vent se prend une déferlante en plein travers.

Au début, nous nous posons la question de savoir jusqu’à quelle limite nous pouvions solliciter Fastus. Puis, nous avons progressivement été rassurés : ce bateau a un comportement sain.

Souvent, en fonction du vent, nous nous réfugions dans l’anse de Loix (5), qui, malgré le peu de fond et les nombreux parcs à huîtres, est un havre de paix à l’abri des vents NW.

Le troisième jour, nous arrivons à la plage de la Patache (6) à l’entrée du Fier d’Ars en Ré (7) et nous approchons du clocher noir et blanc qui sert d’amer.

Avis de coup de vent

Le lendemain, relâche partielle car la météo annonce force 8 à partir de 12 heures et ceci pour 24 heures. Nous ne sortons que le matin tôt (c’est beau un port endormi vers 7 heures), et de retour au port, nous amarrons Fastus à couple avec beaucoup d’attention.

L’après-midi est consacré au bricolage – on n’apporte jamais suffisamment de manilles – et le lendemain matin, à la randonnée pédestre à travers vignes et marais (Saint Martin – la Couarde aller-retour).

En soirée, nous jetons toutefois, de temps à autre, un œil aux amarres de Fastus – force 8,  même au port, c’est beaucoup de vent – mais tout se passe bien.

L’un des tous premiers soirs, nous avons souhaité laisser Fastus dans le bassin à flot. Nous en parlons au bureau du port qui nous demande le type de bateau : 6 mètres, OK. Un trimaran ? Pas question, nous ne pouvons pas accepter de trimaran dans le bassin à flot, pas assez de place. Oui, mais le notre, il est pliable ! Pliable ? Bon, ça marche.

Dessaler en tri …

Le lendemain, en rentrant du Fier d’Ars (7), nous avons notre première montée d’adrénaline. Le temps est beau, Fastus avance bien avec force 3 au grand largue à l’abri  de la côte.

A peine sortis de l’abri du Fier, nous nous exposons à un force 4 à 5 bien établi et nous lançons le gennaker. Et là, tout change. Fastus se transforme en bête de concours. Il dévale les vagues à une vitesse ahurissante.

J’ai le plus grand mal à tenir l’écoute du gennaker et au bout d’un quart d’heure de supplice car l’écoute me scie les doigts malgré les gants (il n’y a pas de taquet), je prends une décision d’une bêtise crasse : je bloque l’écoute en question sur un point fixe en me servant de la tension de l’écoute.

Comme je ne module plus la tension de l’écoute, Fastus se prend toutes les risées en direct, le flotteur sous le vent s’immerge totalement …et l’espace de longues secondes, nous nous demandons si nous n’allons pas connaître une vraie première : dessaler en tri.

Neptune a dû avoir pitié de nous puisqu’au moment où je plonge sous le vent de la grand-voile pour libérer l’écoute du gennaker, nous entendons un grand bruit et nous le voyons tournoyer très haut dans les airs : le pontet d’arrimage du gennaker sur le bout dehors a cassé net tellement la tension était forte.

Nous terminons la sortie sur un mode beaucoup plus calme… avec toutefois quelques regrets non avoués pour ces émotions superbes, bien que trop brèves.

Nos équipières sur le banc

Pour finir la semaine, nous décidons d’emmener nos deux femmes à une sortie qui est un must à Ré : prendre un café sur le banc du bûcheron (8).
C’est un très long banc de sable qui se trouve à la sortie du Fier d’Ars et qui n’apparaît qu’à marée basse.

Fastus nous amène là bas rapidement et confortablement car ce jour là, il n’y a que force 3. Nous beachons avec facilité et nous sortons le thermos de café et les tranches de cake. Le banc de sable est désert, le site superbe.

Nous enchaînons avec un tour dans le Fier à marée montante où les oiseaux de mer en tout genre font un concours de beauté. Ce sera, aux dires même de nos femmes qui ne sont pas des enragées de la voile, une des très belles sorties de ces vacances.

Remorque inadaptée

La sortie de l’eau de Fastus le soir même a été difficile compte tenu du fait que, tout à son malheureux incendie, le loueur n’avait pas trouvé de remorque à rouleaux spécifique trimaran.

Nous avons galéré pour remettre Fastus au bon niveau sur la remorque car avec le treuil manuel, nous étions incapables de hisser le bateau à bon niveau sur la remorque. Nous avons, de plus, failli faire basculer Fastus latéralement après l’avoir sorti de l’eau car il n’y avait pas de supports latéraux pour les flotteurs et les bouts d’amarrage que nous avons utilisés pour tenir Fastus étaient un tantinet élastiques.

Une remorque adaptée aurait probablement comblé une partie de notre inexpérience.

Bilan

Test convaincant. Fastus nous a apporté de vraies et d’innombrables joies nautiques durant une semaine grise et ventée qui a été un vrai régal.
Il est bien adapté à notre programme de rando et s’avère être un redoutable marcheur et donne des sensations de voile pure (nous en savons quelque chose, nous qui sommes d’anciens pratiquants de 470).
Il permet de naviguer dans des conditions de confort réelles (bôme haute, grand cockpit, grande cabine fourre tout, rangements bien pensés, stabilité latérale permanente).

Il ne nous reste plus qu’à nous perfectionner sur les phases de mise à l’eau et de sortie qui sont encore, pour nous, un vrai sujet de réflexion et d’apprentissage.

Marc Barrier, octobre 2007

Cet article a 0 commentaires

  1. Tres belle description (bien qu un peu technique pour moi) de ces sorties en tri. On voit que vous vous en êtes donné à coeur joie.
    Mais tout cela ne repond pas à la question essentielle : achèteras-tu ce bateau

  2. ce commentaire est de quelqu »un qui n »a pas eu a décider sa femme pour l »achat d »un bateau qui a pour seul et unique but, de ne pas rester seule sur la plage avec les gamins.

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