Les îles Fidji en Navigator

Les îles Fidji en Navigator

David Perillo est néo-zélandais. Il décide un jour de larguer boulot, maison et voilier de croisière pour partir parcourir les îles Fidji pendant 10 mois, à bords d’un Navigator, petit dériveur à coque ouverte dessiné par John Welsford, et qu’il avait expédié là-bas par cargo.

Plages de sable aussi désertes qu’idylliques, pêches miraculeuses, chavirage ou requin énorme sont au programme de cette randonnée hors norme.

Voici une traduction en français tirée de son récit dont la version originale était accessible sur le superbe site que David consacrait aux petits voiliers à coque ouverte (www.openboat.co.nz).

« Un craquement claque comme un coup de tonnerre et le mat de misaine n’est plus là !

Encore 8 miles jusqu’à Waya, l’extrême sud des îles Yasawa.
J’ai de sérieux regrets d’avoir expédié Margret aux Fidji, mon dériveur Navigator de 14 pieds dessiné par John Welsford.
Le pire, c’est que c’est le tout premier jour de ce qui a été l’ambition de toute une vie : naviguer dans cette succession d’îles sur mon propre bateau.
Et voir tout qui foire dès le début est vraiment dur à encaisser.

Ce qui avait commencé comme un joli 5 nœuds le matin, a maintenant tourné au cauchemar de 35 nœuds, avec une mer bien plus grosse que tout ce que mon petit lougre avait jamais rencontré auparavant !
Dans l’incapacité de remonter au vent, je dois opter pour un long bord de 12 miles vers le sud, plus facile au portant, jusqu’à l’île inhabitée de Navadra.
Le foc à moitié roulé, je déboule encore à un nombre effrayant de nœuds.
Le puissant nord-est fait ce qu’il faut pour départager les hommes des petits garçons. Et là, il n’y a plus d’hommes, seulement un garçon et c’est moi, tout seul dehors !

2 heures après et c’est une toute autre histoire alors que j’arrive dans le calme de Navadra légèrement balayé par le vent.
C’est un endroit incroyablement beau et la raison de ma présence ici me parait maintenant aussi claire que l’eau sur laquelle je glisse.

Agenouillé, j’embrasse le sable

Un comité d’accueil, composé de chèvres et de chauves souris, me reçoit alors qu’agenouillé, j’embrasse le sable. La joie d’avoir survécu à l’épreuve déferle dans mon cœur avec un sentiment d’accomplissement que peu de propriétaires de bateaux plus gros ne connaîtront un jour.

Ma présence ici est simple : maison et boulot récemment vendus, c’était le moment d’accomplir un rêve de ma vie.
Et le caprice qui dominait mes pensées consistait à réaliser une croisière aux Fidji sur un petit bateau à coque ouverte.

Le départ de mai coïncidait avec le coup de force de George Bush.
A mon stress de savoir si je faisais le bon choix s’ajoutaient les dangers évidents comme la noyade, les attaques de requin (on en reparlera plus loin), la guerre, et l’abus de café qui, je pense, à fait le plus de dégâts.

L’idée de naviguer sur une coque ouverte est venue d’années passées à s’aventurer autour du Golfe Hauraki avec une succession de petits bateaux : du Sabot au Hobie, puis le Sunburst, et plus récemment, un plus grand catamaran.
Bien que ce dernier m’ait apporté beaucoup de plaisir, c’était la plupart du temps un flot incessant d’invités à bord pendant que je m’occupais de l’entretien, du port, de l’assurance, du mouillage et de toutes ces dépenses affreusement chères, qui vous saignent chaque semaine lorsque vous avez un grand bateau.

Il était temps de devenir égoïste! Un bateau pour un (ou deux), et une croisière de 8 mois, sans vrai calendrier, et très peu de dépenses (oh, comme étaient envieux beaucoup d’autres skippers que j’allais rencontrer le long du chemin !).

Ce premier atterrissage était l’entrée en scène de tout ce qui allait suivre.

L’appétit aiguisé après ma traversée triomphante, j’ai assemblé ma canne à pêche Sage RPLXi 9, choisit un bon gros appât bleu et blanc et j’ai lancé ma ligne pour la première fois de ce voyage.
« Plouf ». La mouche avait à peine plongé et – Whaou ! – elle fut engloutie par une petite Carangue d’approximativement 2 kilos.
Je l’ai attrapée dans un mètre de fond, alors que je la voyais à travers l’eau incroyablement transparente, pourchassée par d’autres. C’était facile, et pour être honnête, ça a été comme cela toute l’année (quel chanceux !).

La coutume locale

J’ai arrêté de pêcher et me suis mis à nettoyer le petit Beastie dans la marée. Comme pour confirmer que rien que je puisse faire au monde ne pourrait être mieux que cet instant, un trio de petits requins de récif à pointe noire, de moins d’un mètre long, est venu manger les entrailles. Je les regardais, étonné de ma bonne fortune de pouvoir observer cela, mais de telles occasions allaient devenir banales dans les mois qui suivirent.

Margret H. sans sa misaine, je ne pouvais rien faire d’autre qu’attendre que le vent bascule au sud-est pour revenir au portant sur Waya et au-delà.
Alors que j’installais le camp, un petit bateau de pêche local est venu s’abriter dans la baie. C’était le propriétaire de cette terre et, comme le veut la tradition aux Fidji, je lui offris un sevusevu (une coutume locale impliquant un cadeau, typiquement du café, au propriétaire).
J’en avais plein avec moi pour de telles occasions, et étais tout simplement content de me séparer d’une valeur d’approximativement dix dollars, en échange de mon terrain de camping pour aussi longtemps que je le souhaitais.

Peu de quillards s’aventureraient ici …

J’entends beaucoup de skippers et d’équipages critiquer cette habitude, et même accuser les locaux de matraquage, mais ce n’est pas le cas.
C’est l’équipage de tels yachts qui sont les matraqueurs : vouloir tout avoir pour rien, alors que les règles sont très différentes de leur pays.
Aux Fidji, les tribus possèdent la terre, l’eau et le poisson. Elles sont leur propriété privée et, de la même manière, vous ne vous attendez pas à ce que quelqu’un vienne chez vous et prenne de la nourriture dans votre frigidaire sans même être présenté.

Une autre chose qui m’agace au sujet de ces skippers qui essaient d’échapper à cette pratique, est que la plupart d’entre eux sont sur des bateaux valant un quart de million de dollars ou plus.
Chez eux, ils laissent leur bateau inutilisé dans des marinas à 30 dollars la journée, mais ils se plaignent que les locaux, qui dans les Yasawas sont parmi les plus pauvres des Fidji, essaient d’obtenir quelques choses.

Laissez-moi vous donner une idée de comment cela fonctionne. De bons amis, rencontrés durant le voyage et naviguant sur leur Alpa 42, sont tombés amoureux du Blue Lagoon, un mouillage magnifique dans les Yasawas centrales.
Ils ont souhaité rester là deux mois et donc, ils ont discuté avec le chef local, et lui ont offert un kilo de café d’une valeur approximative de 25 à 30 dollars Fidjien.
Lui, il était simplement heureux qu’ils soient là. Ils sont ainsi restés dans un paradis absolu, pour moins de 50 cents par jour.
Je le dis à tous les skippers qui vont aux Fidji : achetez beaucoup de café en ville et utilisez-le !
Non seulement, le sevusevu vous assure un mouillage sûr,  mais il vous donne aussi les clefs de l’île et du village, et rend vos voyages ici bien plus agréables.
Et à ces skippers qui pensent qu’on peut y couper : restez loin, pour le bien de tous ! (D’accord, là, je dévie un peu, mais c’est un point important).

Plus de surface de corail que d’eaux profondes

Retour sur Navadra où le vent avait basculé plus au sud.
Un départ matinal vers 6 h 30, et me voilà visant l’île Matacawa Levu, située au centre du groupe des Yasawa.

Il y a une bonne navigation de 30 milles, et tout commence bien, avec 10 nœuds de vent pour m’envoyer sur mon parcours nord-ouest.
À tous ceux qui n’ont jamais navigué dans ces eaux, je dois dire que la raison pour laquelle il n’y a pas de bateaux de location aux Fidji est d’une évidence angoissante. Les récifs couvrent quasiment plus de surface que les eaux profondes, avec des têtes du corail isolées et non cartographiées, qui émergent un peu partout.

C’est pas que je sois très concerné avec un petit bateau comme Margret H équipé d’une dérive pivotante et de forme peu profonde. Cependant, sur un bateau plus grand, il s’agit d’être plus que vigilant.
Alors que le GPS est d’une grande aide, ce n’est en aucun cas « la réponse ». La carte pour les Yasawas est désespérément inexacte, et il manque de grands récifs que je rencontrais régulièrement.
A mon avis, de nouvelles cartes ont été établies pour cette région. Cependant, la situation politique actuelle a retardé leur parution. D’ici là, gardez une attention affûtée.

Mata cawa Levu Island (le paradis retrouvé)

 

Un requin tigre aussi gros que mon bateau

Alors que la journée avance, je me retrouve à remonter la côte ouest de Waya, une magnifique île haute, assez semblable à des parties de Tahiti.

Tout d’un coup, mon cœur fait une embardée, et mon sang se glace en un instant ! Coupant l’eau relativement calme à l’abri de l’île et venant droit sur moi, la plus grande nageoire de requin que j’aie jamais vu !
S’approchant de plus en plus, il est évident que j’ai piqué sa curiosité et ce gros bébé vient jeter un coup d’œil.
Je m’abaisse à moitié accroupi, m’accrochant au bateau comme à ma précieuse vie, en attendant le crash de la collision…

Il ne s’est jamais produit. Le poisson, colossal (je pense que c’était un requin tigre), a plongé et est passé juste sous moi.
Je pouvais voir clairement qu’il était aussi long que Margret H et probablement 500 kilos plus lourd. L’envergure de ce monstre, en incluant ses larges nageoires pectorales, dépassait la moitié de la longueur de mon frêle esquif.

Je ne l’ai jamais revu. Mais depuis ce jour, il a ajouté une dimension nouvelle à l’aventure, et je n’ai jamais cessé d’être aux aguets.

Les plus beaux mouillages des îles Fidji

La prochaine île sur tribord est l’étourdissante « Naviti » où, à l’extrémité sud-ouest, vous trouverez quelques-unes des plages et des mouillages les plus beaux de toutes les îles Fidji.

J’ai suivi la côte un peu plus près des îles, et j’étais de nouveau impressionné par l’image de ces rivages de carte postale : plage de sable blanc après plage de sable blanc, toutes inhabitées, d’une pureté primitive, et apothéose de toute croisière.

Je suis passé à côté de quelques bateaux stationnés là, et tous les équipages levaient le pouce, signalant ainsi que le bonheur avait été trouvé. J’aurais aimé m’arrêter là moi même, mais le jour avançait, le vent tombait, et j’avais encore un bon bout de chemin à faire.

Tempête et chavirage

La traversée suivante va de Naviti à Matacawa Levu, et je continue de guetter ce requin.
Mais un nouveau problème survient. Tout est devenu incroyablement sombre : le type d’obscurité que l’on trouve les nuits sans lune sous les tropiques.
Je décide de jeter l’ancrer du côté ouest de Matacawa Levu et de dormir sur le bateau plutôt que de risquer de naviguer aveugle dans le Lagon Bleu.

Sans misaine… Le Blue Lagoon au milieu des Yasawas

Lendemain matin, la tempête souffle de nouveau. Je hisse la grand-voile et pars vers 6 h.
En quelques secondes, je chavire. En bataillant, je parviens finalement à reprendre à peu près le contrôle du bateau.

Cela ne dure pas longtemps, et voilà la destination de rêve : le fameux « Lagon Bleu ».

le fameux « Lagon Bleu »

Difficile de décrire brièvement ce mouillage merveilleux, ourlé de tous les côtés par des plages de pur sable blanc, plantées de cocotiers, et l’eau cristalline couleur turquoise.
Même avec 25-30 nœuds d’alizés, la baie reste calme, à l’abri du précieux sommet d’Yasawas : Nanuya Lai Lai.
Je décide qu’il est temps de s’offrir un peu de luxe.

Après une rapide cérémonie du baiser sur le sol (j’avais chaviré deux fois déjà ce matin), je suis descendu au Kingfisher Lodge, un paradis étourdissant d’épais jardins ombragés et idéalement situé, juste devant la plage.
Il y a plusieurs lieux de résidence de grand standing dans la région dont les bons tarifs et l’emplacement unique laissent rêveur…

Un nouveau mât « local »

A peine enregistré qu’un petit groupe de locaux, qui avait étudié le mat de misaine cassé, a soutenu qu’il pourrait être remplacé avec un arbre local connu sous le nom de VaiVai. Ils décrivaient ce bois très dur qui pousse droit comme une flèche, comme un cadeau de Dieu.
Quelques branches frêles sont rapidement coupées à la machette et la base est taillée pour s’insérer dans le pont et voila! C’est fait.

Il semble assurément suffisamment costaud et je suis extrêmement reconnaissant, car l’autre option consistait en un voyage retour long et cher, sur un bateau local, jusqu’à l’île principale.

Les jours suivants ont été occupés à naviguer, à pêcher, à plonger et à festoyer. Mes hôtes se sont parfaitement occupés de moi avec du poisson frais (la plupart pêchés moi-même, il est vrai), des fruits frais et quelques-unes de ces délicatesses tropicales – de mon point de vue – moins désirables : fruit de l’arbre à pain, casava et la petite banane bouillie, convenant très bien, cependant, dans le contexte présent.

Néanmoins, il était temps de continuer vers le nord pour découvrir l’immense étendue de l’Île Yasawa et Sawa I Lau.

Des invités à bord

Pour l’étape suivante, j’ai été rejoint par mon cousin Jim; et par un jeune Fidjien nommé Watisoni, qui essayait de retourner chez lui à son village depuis un an, telles sont les fantaisies du transport local.

Plus en confiance à plusieurs, nous partons avec un alizé qui souffle fort (malheureusement encore nord-est), et tirons des bords tout au long du chemin jusqu’à Vawa, une petite île au nord du passage Sawa I Lau.
Nous nous arrêtons là, mettons à bouillir une tasse de thé en cuisant un petit rainbow runner (aussi appelé Coureur Arc-en-Ciel ou Comète saumon) que nous avions attrapé en chemin, puis nous décidons de faire un peu de plongée avec tuba.

La plongée avec tuba est fantastique dans la plupart des endroits aux Fidji, mais quand vous êtes aussi loin de tout, cela s’apparente plus à un sport extrême.
A peine entré dans l’eau que le nombre de requins actifs me faisait prestement battre en retraite sur le récif peu profond d’où nous avions plongé.
Ce n’était pas seulement les requins, mais aussi le barracuda géant, la carangue à grosse tête et tout ce qui était immense et qui nous rappelait que « nous étions loin de toute assistance ».

Pêches miraculeuses

Le reste du voyage vers le nord jusqu’à Teci, le village de Watsoni s’achevait (encore une fois), mile après mile de cocotier, de sable blanc, de plage déserte et je me sentais vraiment chanceux d’être là.
De nouveau, nous nous sommes arrêtés, assemblant la canne à pêche, effectuant quelques lancers et attrapant quelques poissons pour la famille de Watisoni.

Je ne veux pas me vanter (enfin, juste un peu), mais la pêche ici est vraiment énorme !
Le lancer à la mouche de la plage est phénoménale et la variété d’appâts dont sont friands les poissons ne cesse de m’étonner.
Carangue, barracuda, poisson aiguille (encore appelé Orphie ou Needlefish), bonefish (pas si facile à attraper) et toutes sortes d’autres espèces non identifiées sont attrapées. A chaque fois, il y a des coups vraiment dramatiques de poissons si énormes que vous savez qu’il n’y a aucune chance de gagner la bataille.

Maintenant, je ne dis pas qu’il n’y a pas de bonnes pêches en Nouvelle Zélande ! Bien sûr qu’il y en a.
C’est juste qu’on a rarement l’occasion de le faire avec de l’eau jusqu’à la taille, chaude comme dans un bain, dans le calme plat, à l’abri des îles et avec une visibilité qui vous permet de voir votre proie (quelquefois énorme) déambulant dans l’eau peu profonde, à 30 ou 40 mètres de là.
Oh oui ! J’aime les tropiques !

La vie à bord … (C’est sur, il n’y a pas la télé mais peu m’importe)

Notre sac de prises rempli, nous parcourons le dernier mile jusqu’au village de Teci, officiellement le village le plus pauvre des Yasawas.
Il n’y a pas long avant que notre compagnon fidjien n’indique un ponton branlant.

L’accueil au village de Teci

Teci étant sur la côte Est de Yasawa, il faut marcher environ 3 milles à travers l’île pour rencontrer sa famille.
Pour commencer, nous traversons une belle forêt côtière de Mangues, de VaiVai et de plantes grimpantes locales dangereuses appelées « Attend une minute » parce qu’il pourrait vous falloir beaucoup plus de temps pour vous dépêtrer de cette saleté de broussaille épineuse.

Puis, c’est un plateau où vous trouvez de longues herbes, avec un feuillage ressemblant à une épée et, à ma grande surprise, des cactus !

Alors que nous redescendons, nous apercevons notre objectif. Bien loin de la brochure de vacances de la côte ouest que nous avons aimée, le village, sur ce morne promontoire de pierre balayé par le vent, sans arbres, est un peu déconcertant à première vue.
Quatre-vingts habitants en tout, et complètement hors de l’itinéraire touristique, ce n’est pas sans un petit malaise que nous descendons dans son domaine.
Nos craintes sont sans fondement et les sourires accueillants et les commentaires sont vraiment authentiques, alors que les locaux déchargent nos cadeaux de poisson, le café, et que nous avons l’occasion de remplir notre réservoir de 25 litres d’eau.

Ils nous expliquent que nous sommes les premiers mbavalangi ou « Whitman » (ils n’ont pas dit « hommes blancs ») à leur rendre visite depuis plus d’un an. Ils sont vraiment impressionnés par l’histoire de mon petit bateau, à tel point que c’est une expédition du village entier qui revient de l’autre côté le lendemain matin pour le voir.

Comme avec les autres, les Oohs et Aahs sur mon mode de transport ont fusé avec des commentaires au sujet de ma bravoure et de mes compétences de marin.
J’ai même été appelé « Ratu Dave », ce qui signifie chef et un autre nom que j’ai vraiment aimé: Kai Viti, qui veut dire quelque chose comme « bâton fidjien » ou « courageux et costaud ».

je me suis demandé combien d’autres navigateurs avaient été traités ainsi : pas trop de ceux qui se cachent au large dans leur luxueux palais de verre et de boiserie, je suis sûr.
Et oui, il y a beaucoup à dire à propos des voyages sur un bateau à coque ouverte et mon cœur enfle encore !

Un jour, nous avons navigué tous les trois avec deux autres (les frères de Watisoni), jusqu’au point le plus au nord de Yasawaira où nous avons trouvé Narewa Bay, le site du film « Contact » avec Jodi Fotser (vous souvenez-vous de la scène de plage avec l’extra terrestre ?) et un autre point indescriptible sur la carte.
Nous avons attrapé un énorme Donno ressemblant à un mérou d’environ 23 kilos. De retour à Teci, Tout le monde a attrapé la ciguatera avec, bien qu’ils sachent qu’il était empoisonné.

Ayant été naturellement informé de cela, Jim et moi y avons été doucement à l’heure du dîner, mais le vrai Kai Viti l’a attaqué avec délectation, assurant que seulement un petit pourcentage de ceux qui le mangent seraient atteints.
Et c’est ainsi que tous ceux qui l’avaient mangé à notre maison sont tombés malades !

Ils ont sauté du lit à l’annonce de notre départ et se sont battus entre eux pour savoir qui allait porter les 25 litres du réservoir d’eau durant les 3 miles du chemin de retour au notre bateau.
Aux autres, nous avons fait nos adieux sincères et avons attaqué la marche retour vers le Margret H.

Le plein d’aventures

Je pourrais continuer de vous parler du voyage retour vraiment terrifiant au Kingfisher Lodge, avec un alizé si puissant qu’il a cassé net le nouveau mat de misaine comme une brindille;
les cavernes incroyables de Sawa I Lau;
comment j’ai construit un chouette coin d’herbe avec la bénédiction du chef local, juste sur la plage du Blue Lagoon où je suis resté pendant 3 mois;
la carangue de plus de 36 kg qui a remorqué Margret H. pendant une demi-heure;
les raies manta;
les parties de café sauvage sans fin;
le fait que j’ai été directement impliqué dans le petit coup d’état sur l’Île de la Tortue (j’étais contre, mais mes hôtes avaient d’autres idées, pas toutes erronées);
les mariages où j’ai été;
les cérémonies importantes que peu de mbavalangi (s’il y en a eu) avait jamais vu (cela a impliqué plus de kava !).

je pourrais aussi vous parler de la situation politique qui a beaucoup inspiré à essayer de me faire abandonner ma mission, mais je ne le ferais pas.

Ce que je dirai est quelque chose que vous avez déjà entendu : si vous avez un rêve, foncez et vivez-le aujourd’hui.
Pour demain – et bien – demain, vous pourriez avoir disparu, avoir des responsabilités auxquelles vous ne pourriez échapper, ou un bateau énorme ayant besoin d’être repeint, et dieu sait quoi encore.

Je dirai qu’avec une vision pragmatique, un bateau bien conçu, le désir de faire quelque chose d’un peu différent et la capacité de regarder au-delà des conventions, ce type de croisière est accessible à n’importe qui !
Pour moins que le prix d’un billet d’avion, je peux tout embarquer sur un bateau et peux aller naviguer n’importe où dans le monde !

Bien sur, il y a des formalités douanières, agents maritimes et autres.
Tiens, maintenant que l’ hiver est là, je pourrais juste l’envoyer à …hummm, voyons… les Îles grecques ne seraient pas mal pour faire le fête, ou peut-être l’archipel des Philippines; bien sûr, il y a les Caraïbes, ou peut-être seulement derrière la voiture à Okahu Bay !

Qu’importe – détente assurée, la croisière sur petit voilier est la liberté totale ! « 

Texte et photo de David Perillo

Laisser un commentaire

Fermer le menu