3 semaines en mer Ionienne en trimaran Astus 20.1

3 semaines en mer Ionienne en trimaran Astus 20.1

La Mer Ionienne…

Nous avions déjà arpenté la Grèce à moto par 2 fois, et nous n’étions pas encore allés visiter les îles Ioniennes, mis à part Corfou.

Depuis le temps qu’on en rêvait, nous avons enfin pu naviguer au pays d’Ulysse, Hadès, et toute la clique…. et aussi toutes les criques !

Cette année, la mise en place, par les compagnies de ferries grecques, d’un système d’ « early booking » avec des réductions intéressantes ( environ 500€ pour 2 personnes) une voiture, et un Astus 20 sur sa remorque nous a aidé à nous décider.

Un conseil, prenez vos billets au mois de janvier si vous pensez partir en été.

En 20 jours, nous avons parcouru 270 milles nautiques à bord de Tri-Rex, 150 km à dos de scooter, et quelques km à pied à s’en mettre plein les yeux… c’était bien trop court !

Voici donc un petit carnet de voyage « extra light» de cette balade.

Pour commencer, un grand merci à Marie-Sophie pour les précieux conseils et informations, plus qu’utiles, et « sans qui tout ceci n’aurait pas été possible » !!! wink

De même merci encore à Annick et François, pour l’accueil, les bons tuyaux, et le gardiennage de l’attelage auto+remorque.

Pour commencer une vue d’ensemble du voyage effectué en bateau.


Le choix de la mise a l’eau à la plage de Kerenza, 60km au sud d’Igoumenitsa, nous a permis (grâce à des amis) outre le fait de rencontrer des gens sympathiques, de laisser auto et remorque en sécurité, en plus de pas faire trop de route à la sortie du ferry…

L’endroit est une baie ourlée de sable fin, lieu de villégiature de campeurs de toutes provenances. Visiblement, le camping sauvage a encore de beaux jours ici, y compris sur les plages !

Le temps de remplir la cambuse, mettre le bateau à l’eau, et nous voilà partis.

Dans l’ordre, après une visite des criques proches de la mise à l’eau et d’un stop picnic pour cause de pétole à 1nm du départ, nous descendons tout schuss cap au sud, au portant jusqu’au Canal de Lefkas (Leucate), qui sépare l’île du continent, et ne peut être franchi en véhicule terrestre que par un pont flottant laissant le passage aux bateaux toutes les heures. Le canal est bordé de 2 étangs d’eau saumâtre où séjournent des pélicans. Nous poursuivons vers le sud en longeant l’Ile de Lefkas, slalomant autour des îlots de Sparti, Madouri, visitons la baie de Nidri qui offre un bel abri et tous les services, mais bien trop touristique à notre goût, fuyons… Les abords de l’Ile de Skorpios sont bien plus calmes : le proprio, un certain Mr Onassis en interdit l’accès, à tel point qu’apparemment, le fait de mouiller trop proche suffit à déclencher sirènes et autres alarmes ! Pas nous… trop petits ? Tout près, le nord de Meganisi offre une ribambelle de mouillages disposés en étoile, assez fréquentés, mais il y a de quoi faire, tellement ces petites niches sont nombreuses. Plus à l’est, l’île de Kalamos est magnifique, avec ces forêts qui descendent jusqu’à la mer, laissant çà et là des micro plages blanches…

et un unique village avec de quoi faire quelques ravitaillements, le strict nécessaire, et il ne faut pas vouloir de carburant. Sa voisine Kastos, est plus petite, plus pelée, encore moins habitée , mais toute aussi charmante.

En repartant en direction d’Ithaque, nous nous arrêtons à Athokos, et ses magnifiques falaises coté sud. Il y a aussi une maison, une chapelle, et un puits sur cet ilôt : ceux qui ont construit là doivent aimer l’isolement !

Nous abordons ensuite Ithaque par sa côte sud est, et nous contournerons l’île par le nord, histoire d’arpenter les criques de la côte est, et d’effectuer un ravitaillement, ici à Kioni.

Nous passons la pointe nord de l’île, puis remettons cap au sud en descendant le Canal d’Ithaque, le long de l’île de Céphalonie, couverte de magnifiques forêts de pins, de cyprès et d’oliviers, offrant de jolies petites plages le long de ce canal. Trop beau…

Nous laisserons ensuite TriRex au port de Agia Efimia, le temps de louer un scooter pour visiter la campagne environnante, qui offre des paysages grandioses. Dommage que les brumes de chaleur soient si denses, et masquent la vue depuis les montagnes de l’île qui culminent à plus de 1600m d’altitude ! Par contre, elles ne nous empêchent pas de déguster le Robola, un petit vin local réputé, et plus qu’agréable… Yamas !

La spectaculaire plage de Myrtos:

Le temps imparti pour les vacances ne nous permet pas de descendre sur Zante, ni même de faire le tour de Cephalonie, nous remontons donc direct par le canal afin d’atteindre et longer la côte ouest de Leucate et ses falaises de plusieurs centaines de mètres de hauteur, sans avoir à tirer trop de bords.

(En zoomant en bas de la falaise, et surtout à gauche, on devine les parasols et la plage, pour donner une idée de l’échelle)

Bien évidemment, cette partie de la côte n’offre pas d’abri, par contre, les reliefs sont tels que le vent est complètement étouffé aux abords de la côte !

La balade nous mène ensuite dans la baie d’Ambrakikos, cette vaste mer fermée, bizarrement moins fréquentée que la mer Ionienne. C’est peut être pour cela que l’on y croise des tortues caouanne ?

Un petit stop à Prevezza, ville thermale donc assez touristique, mais fréquentée surtout par les Grecs, et où l’on trouve, bien sûr, les bars branchés au mobilier design dernier cri, et à 2 pas des petites échoppes beaucoup plus… rustiques !

Après avoir croisé la route de quelques dauphins en sortant de Prevezza, notre périple nous mènera ensuite jusqu’à l’île d’Anti-Paxos, petite île tranquille sans véritable village, juste quelques maisons dispersées entre quelques carrés de vigne. Encore de magnifiques criques, la plupart sans plage, sauf au nord, mais là, la finesse du sable blanc attire les bateaux par dizaines…

Les côtes ouest de Paxos et d’Anti-Paxos méritent la visite, leurs falaises calcaires en permanence assaillies par les éléments semblent sculptées, et sont creusées d’innombrables grottes au niveau de la mer, dans lesquelles on peut parfois tout juste s’engouffrer à la nage, et parfois, on peut y rentrer en bateau !

Stop à Lakka, au nord de Paxos, pour laisser passer un coup de vent. Nous louons un cyclo pour visiter cette île qui me fait penser aux monts du Morvan (même topographie, mêmes hameaux isolés) posés sur la mer, mais couverts d’oliviers, et bien sûr, ça ne parle pas beaucoup morvandiau. Ici, à part Gaios, le tourisme reste discret, caché dans la végétation, on s’y sent bien …

Nous rencontrerons là Tony et Anita, et leur so british (comme eux) Cardigan Bay Lugger fabriqué par Swallowboats, qui passent 6 semaines de vacances sur place …Si Tony apprécie la légèreté de son petit mono, il envie la stabilité et les perfs du trimaran .

Le temps passe, ce coup là, il va falloir rentrer, nous passerons par Parga, ce n’est pas l’aspect usine à touristes qui nous attire mais la chapelle posée sur ces ilots, que nous n’avions pas encore vue depuis la mer :

Faut dire que question chapelles, il y a ce qu’il faut, de préférence dans des endroits inaccessibles. « Où est la foi est le chemin », disait l’autre….

Nous rencontrons là Matthias et Eva, 2 sympathiques Confédérés Helvètes voyageant en F24. Matthias venait de passer plus de 7 semaines en mer Ionienne, le veinard !

Encore un crochet par Amoudia, et l’Archelon, la rivière qui mène au royaume de Hades, et…1/2 mille après, c’est Karenza. C’est déjà fini !!!

Bien sûr, il y a eu des surprises (c’est d’ailleurs tout l’intérêt du voyage).

D’abord la météo. Malgré les docs et les sites internet consultés avant de partir, je n’avais pas saisi l’importance des reliefs, qui en font la beauté, et leur influence sur l’aérologie ! Combinés aux variations thermiques durant la journée, ce sont des régimes typiquement méditerranéens, mais plus marqués que ce que l’on peut observer sur les côtes du Golfe du Lion à la Corse !

Question prévisions, rien de plus « simple » : inutile de s’encombrer d’une VHF, elle reste muette, malgré les horaires et canaux soigneusement notés avant de partir, pas un seul bulletin n’est sorti de l’appareil qui a fini ses vacances avec le parapluie, à fond de cale….tant mieux pour les économies d’énergie ! Du coup, à un moment où nous étions loin de toute civilisation (…d’accord, faut pas exagérer, mais un peu quand même !), un SMS météo (encore merci à notre Sauveur !), puis, par la suite des infos météo glanées de temps en temps auprès de navigateurs équipés d’accès internet mobile nous ont permis de naviguer en sécurité. Visiblement ceci est le seul moyen d’avoir la météo quand on veut, sans abonnement particulier. Autrement, c’est tous les jours à peu près le même schéma : le matin, petite brise de terre qui s’atténue avec l’augmentation de température, fin de matinée pétole jusqu’au milieu d’après midi, puis allumage du ventilateur SW à W, et qui tourne avec le soleil jusqu’à NW en fin de journée. Ça, c’est pour la direction du vent, mais pour la force, en Grèce, faut avouer qu’ils ont un problème avec l’Echelle Beaufort : il doit manquer les barreaux du milieu ! Du coup, nous avons dû faire pas mal de moteur pour éviter de rôtir sur place au soleil, et ensuite pas mal de voile plutôt… « sportive » ! Visiblement c’est comme ça au mois d’aout, l’après midi, c’est entre 4 et 6 Bf, point. Après 10 jours, le baromètre ne bougeant pas, nous ne cherchions même plus à prendre la météo ….

…jusqu’à un matin, après le p’tit dej’, je me rends compte que la silhouette des montagnes du continent se détachaient distinctement du ciel, contrairement aux autres jours où les brumes de chaleur masquaient pratiquement ces massifs. Bizarre, je m’en vais donc prendre des nouvelles du ciel auprès d’un yachtman britannique, qui m’annonce une belle journée, mais du 8 Bf pour le lendemain ! Effectivement, le baro allait commencer à descendre…

Autre surprise, avec tous ces courants d’air qui ont la manie de vous tomber dessus sans crier gare à l’heure de la sieste, ces fonds pentus faits de roches arrondies, prenant vite de la profondeur : le mouillage.

Les forums nautiques regorgent de posts sur « l’indispensabilité » d’une ligne de mouillage sérieuse. Jusque là, nous n’avions jamais eu de problème de tenue d’ancre lors de tours de Corse, de rando bretonnes ou dans les Anglo Normandes. Mais là, le nombre de fois où j’ai vu l’ancre glisser sans opposer la moindre résistance … quand je pense que j’en connais qui attachent directement leur ancres à des bouts faits pour tirer des ski nautiques !!! J’avais l’impression d’avoir des mouillages surdimensionnés , mais là, ça m’a passé !

Du coup, inutile de chercher à beacher tous les soirs sur une plage de sable : il y en a peu, et au fond des criques, il vaut mieux mouiller à l’écart de la terre ferme, et prévoir des crocs pour marcher sur les galets. Il vaut mieux d’ailleurs mouiller suffisamment à l’écart, vu le trafic incessant de ferries et de barges en tous genres, si la crique n’est pas bien protégée, mieux vaut garder un peu de marge…

 

Surprise encore au niveau des insectes piqueurs. Nous avions prévu une moustiquaire contre… les moustiques, bien sûr. Et bien non, il a fallu l’utiliser contre les guêpes, surtout dans le secteur des petites îles autour de Leucate, Ithaque, Kalamos, au petit matin ou au crépuscule. Nous n’avons pas compris ce qu’elles recherchaient exactement, mais c’était pas la viande ni le sucre, comme les bébêtes de par cheu nous… Un matin, nous en avons compté une douzaine qui tournaient autour du cockpit du bateau ! On a beau rester zen, la seule façon de s’en débarrasser fut de fuir pour s’écarter de l’essaim, nous avons donc fini le p’tit dej en mer. Méfiance, donc…

Surprise dans les ports : le pays n’a pas les moyens de la France, ça se voit sur les routes, mais aussi dans les petits ports : Pas de pendille, les anneaux rongés par la rouille, et parfois complètement dissous, des places parfois vacantes, mais sous lesquelles gisent des épaves.

Autre surprise, qui concerne les bateaux : Les petits voiliers ne sont pas légion là-bas. Du gros croiseur en pagaille, certes, du pneumatique à profusion, d’ailleurs la randonnée nautique se pratique plutôt à bord de ces boudins équipés de tentes pas mal foutues, par quelques grecs, et pas mal d’italiens. Sinon, nous avons croisé un jeune couple de français à bord d’un Muscadet, à part eux, les autres voiliers étaient d’une taille supérieure à 40 pieds. L’explication ? À part le caractère « rugueux » du climat qui invite à voyager à bord d’une embarcation stable et bien motorisée, je ne vois pas… pourtant on y était bien, seuls au fond de nos petites anses, avec not’ p’tit canot !

A part un dériveur et un Kite Surf, Il était quand même curieux sur 20 jours de ne pas croiser un seul hobbie cat, ni une planche à voile !

Du coup, sur les quais et plages, notre embarcation a suscité l’intérêt et les questions en toutes langues (j’aurais dû emmener des « flyers » Astusboats !!!), ainsi que des sourires et gestes admiratifs provenant d’équipages d’autres bateaux… Seul un skipper italien connaissait Astusboats !

… admiratifs, si si, mais bon, en ce qui nous concerne, avec un minimum de prudence , nous nous sommes régalés sans prendre de risque.

Et parlant de se régaler, on ne s’en met pas que plein les yeux, mais aussi plein la panse, tant il est difficile de résister a la cuisine grecque: à la fin, nous ne demandions même plus la composition des plats proposés dans les tavernes, tellement tout était bon !!!

Pour conclure, malgré les problèmes actuels de la Grèce, et surtout contrairement à ce que nous avons pu entendre avant de partir, nous n’avons manqué de rien, nous avons pu nous approvisionner facilement en fonction des besoins.

Nous avons effectué une superbe croisière dans un environnement magnifique, plutôt bien préservé, sans trop d’interdits, sans doute grâce à une fréquentation en général modérée.

L ‘accueil des Grecs n’est pas étranger à ces bons souvenirs, car ils savent être commerçants, mais ils font souvent aussi preuve d’une gentillesse « gratuite », comme le jeune qui vendait de l’eau aux plaisanciers, et qui a rempli mon bidon sans faire tourner le compteur, ou cet autre qui s’est arrêté sans que je ne demande rien, alors que je marchais pour aller remplir la nourrice à la station service située à quelques km, pour m’emmener en voiture. Et d’autres encore …

J’avais la crainte de trouver la Grèce très modernisée depuis les 15 années pendant lesquelles nous n’y étions pas retournés. Même si des choses ont changé, ce pays offre une vraie rupture par rapport ce que l’on rencontre dans les pays d’Europe occidentale. Excellent !!!

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