La sortie des gorges du Verdon, vécue à bord de Trip-Tic

La sortie des gorges du Verdon, vécue à bord de Trip-Tic

Voici le récit de Pierre, complétant l’article : Rando en trimaran dans les Gorges du Verdon

« Si notre remontée des gorges sur 3,2 km après le pont de GALETAS, poussé par un doux souffle, faisait l’envie des pédalos progressant dans l’effort, le retour s’annonçait obligatoirement par du louvoyage !
Les deux bouffées d’air d’Est, durant la pause, prés des bancs de sable, faisant rêver aux bateliers du Nil naviguant, au gré des renverses du vent, toujours au portant.

Ici, cela a commencé par un peu de halage, pour se dégager. Puis, c’est bien au près et dérive basse en direction du lac.
Dans cette portion, le Verdon, affichant une soixantaine de mètres entre ses rives, permet d’avancer régulièrement, tel que le prouvent les zigzags sur la trace du GPS. Jean Marc, perdu de vue, filant en aval et René que nous entrevoyons, en amont, au gré des méandres. Mais nous n’étions pas seul ! Nous tombons sur un essaim de canoës, en sortie de virement de bord ; Un mouillage d’urgence permit à tout le monde de s’extraire du noeud de coques.
Tiens ! Revoilà  »Triple Muses », en attente, à l’entrée du défilé libératoire.
Ici, les gorges rocheuses sont franches mais gardez un oeil sur l’eau laiteuse, quelques roches affleurent !

Profitant d’une risée, je me lance et m’engage.
Plus le temps de  »Parez à virer ? », c’est l’instant qui décide ; Secondé par Patricia, à la manoeuvre du foc, qui permet de relancer  »Trip-Tic » après chaque virement.
– Une risée, le flotteur s’immerge, ça file : Un lof ! Voila 3m de gagnés !
– Un pédalo à la dérive et des baigneurs : A abattre ! C’est 3m de perdus !
– Les falaises sont proches à toucher de la main !
– Ne pas perdre de vue la tête de mât, heureusement verticale, pendant le virement !
– Plus loin,  »Trip-Tic » se prend pour un phoque, un pédalo en équilibre sur le bout dehors !
– Foc à contre, arrière, barre sous le vent. Dégagé !
– Nouvelle risée, prise de vitesse, de nouveau manoeuvrant, filer vers le roc, virer (un pied poussant la barre, les deux mains à peser sur la bôme) !
– Repérer une trajectoire, anticiper les déplacements des autres esquifs avec comme objectif : Progresser, mais en sécurité ! – Le défilé se resserre encore, 10m au plus, un tourbillon d’air, choquer en grand, virer, border serré !
– C’est passé !!!

Les piles du pont sont là ; Un applaudissement, libérateur, part d’un canoë ! Une plage est proche, l’ancre est larguée : La pression tombe :  »La baignade pour l’équipage ! »

Génial :
– L’adrénaline à raser les cailloux et trouver un passage entre falaises et vacanciers !
– La remontée des gorges, entre African-Queen (Cf. : Patricia et son ombrelle) et Délivrance (Cf. : l’Autochtone de l’escale) !
– Une navigation au milieu des Hippopotames (pédalos) et des Alligators (canoës) !
– Le calme régnant, associé à une certaine complicité nautique partagée avec quelques usagers, malgré notre présence insolite !
– La météo parfaite, l’eau délicieuse !

Les vues aériennes IGN laissent penser que nous étions presque dans le final de notre remontée ; Car, plus loin, c’est dérive haute et flotteurs repliés.
La trace GPS montre bien le cheminement: plus de 60Km au total pour cette randonnée ; (Dommage… panne de piles à mi-retour en louvoyant dans les gorges et pas de volontaire disponible).

Patricia a bien assuré, tout en gardant son calme dans les moments chauds, et a été à la hauteur pour nous arracher du défilé dans les risées.

J’ai adoré cette navigation à dessaler les coques, le matériel et la tête. Je m’inscris pour une prochaine édition !

Texte de Pierre Charles

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