Sud Bretagne en Sun Fast 20

Sud Bretagne en Sun Fast 20

Le Juben (Sun Fast 20) attend tous les ans l’arrivée de Patrick, « le Bosco », pour partir se dégourdir les jambes.
En effet, le reste de l’année, Michel, « le Capitaine », navigue en solitaire autour de Lorient sur le Juben, ou en équipage, lors des entraînements d’hiver sur des bateaux trop gros pour nos pages.

Cette année, nous visiterons les estuaires de la côte sud entre Laïta et Odet.
Le week-end du 14 juillet, pour les marées, c’est parfait.
Le bateau est avitaillé, c’est que deux gars de plus de 80 kg, ça mange… et ça boit.

1er jour, La Laïta

Départ de la petite mer de Gâvres, direction le bas Pouldu, le vendredi après midi dès la débauche du « Capitaine ».
Navigation paisible jusqu’à l’entrée de la Laïta. Présentation dans la passe en début de montant, avec un dériveur intégral, on ne va pas stresser, d’autant qu’on y est déjà passé il y a quelques années.
Justement, un bateau sort, il nous montre la route. On ne se serait même pas trompé.

Le passage dans le port sera plus « sport » : vent portant, courant dans les fesses. Au niveau des corps morts, on se serait pris pour Loeb en rallye dans un embouteillage.
Heureusement le bateau est petit, a peu de tirant d’eau, et est maniable, sinon on aurait fait le spectacle…

Quelques minutes plus tard, on se retrouve seuls au monde. Entre le vent et le flot, on a du mal à se décider de mouiller, on veut voir toujours plus loin…

Petite montée d’adrénaline, nos 25 cm de tirant d’eau sont encore de trop, nous voilà posés au milieu de la rivière.
Le vent, le courant et la marée nous aident à sortir de cette position désagréable (pour notre amour propre plus que pour notre confort).

Nous dormirons entre les roseaux, au milieu des oiseaux et du bois flotté (toute la nuit, il frottera contre la coque au grès du courant).
Sinon, mouillage plus calme qu’un lac.

2ème jour, Les Glénans

Le second port d’attache du Juben étant le Belon, on zappe les estuaires suivants. Direction les Glénans.

On démarre dans la pétole, obligés de descendre la Laïta au moteur. Dès qu’on est sortis : toutes voiles dehors.
On se traine, mais dans la bonne direction, c’est déjà ça.

Comme on ne va pas trop vite, on peut pêcher. Sur tout le périple : un bar, qui, trop petit, sera remis à l’eau.
Heureusement que la cambuse est pleine.

Nous arrivons tout de même au but avant la nuit.
Ils annoncent un coup de vent de secteur Sud. On mouillera donc abrité au plus près de la plage de l’île du Loc’h.

Après le dîner, on irait bien boire une bière au bistrot.
Voiles sorties, mouillage levé, direction Saint Nicolas. Accostage à la voile, on est aux Glénans ou pas !

Partis depuis deux jours, ça fait du bien de marcher un peu et de voir du monde (le tour du monde en solitaire, c’est pas pour nous).
Premier demi en terrasse, pour voir comment travaille le bateau, puis on rentre au chaud pour la suite.
Les autochtones nous félicitent pour notre arrivée : merci, faut pas…

Bon, c’est pas tout, mais il va faire nuit et on n’est pas d’ici. Faut remonter au vent pour regagner le mouillage.
Notre place a été prise, on se décale à l’Ouest : mauvais choix, faudra se lever dans la nuit pour bouger.
Ça nous apprendra de quitter le nid pour aller boire des coups.

3ème jour, l’Odet

Au matin du troisième jour… direction l’Odet. Au moins, on ne manquera pas d’air.
Comme on navigue à l’estime (pas de GPS ; le compas reste rangé à l’intérieur sinon on est moins bien pour dormir dans le cockpit…), le « chef d’équipage » confond le château d’eau de Bénodet avec celui de Pont l’Abbé.
Heureusement qu’on essaie de suivre notre route, l’erreur n’a que peu d’influence sur notre navigation.

Entrée dans l’Odet, toujours au portant, on apprécie le paysage.
Comme notre gaz a rendu l’âme, on descend à terre. Sur le ponton visiteurs, on se sent petit, mais on ne fait que passer.

Comme c’est dimanche, on fera des économies (en gaz et en argent, les magasins sont fermés).
Retour sur le bateau direction plein Nord. On part manger plus loin, ici les bateaux sont trop gros pour nous.

Notre but : l’anse de Toulven.
Il semblerait qu’il y ait un mouillage super. Faut pas louper l’entrée, mais c’est vrai que ce serait dommage de passer à côté (j’y retournerai en kayak avec Madame, ça vaut la promenade).

A peine installés, on voit passer un bateau d’au moins 40 pieds à côté de nous. Ben ! faut pas se gêner, si les gros montent plus loin que nous maintenant !!!
On remonte le mouillage, direction l’intérieur des terres, c’est vrai que l’on peut remonter bigrement loin.

Les rares maisons visibles font vraiment envie, loin de la foule du bord de mer, dans une nature préservée. C’est quand qu’on gagne au loto ?

Bon casse-croûte, temps de curé… et si l’on rentrait sur Kerfany de nuit !

C’est parti, nous voilà descendant l’Odet dans la pénombre en profitant du jusant.
Une fois dehors, pétole.
On ne va pas passer la nuit à attendre le vent, demi-tour.

On squatte un mouillage à l’entrée de la rivière (vu notre tonnage et la météo, on ne devrait pas l’arracher).
Oublié le calme de Toulven, on dort en ville avec des bateaux à moteur qui passent tout le temps, je ne sais plus qui a eu l’idée de la « nav de nuit » mais il aurait mieux fait de s’abstenir.

4ème jour, Le Belon

L’appareillage sera matinal, avec ce vent, on n’est pas arrivés. Heureusement, la brise solaire se lève dans la journée, nous serons à l’heure pour retrouver les filles à « Kerfan ».

L’entrée du Belon est pour le Juben une formalité, il y est chez lui.
On prend une place sur les filières (le capitaine connaît le proprio), on a presque pied, « le bosco » n’a qu’à partir chercher une annexe pour son Capitaine.

Le pire, c’est qu’il le fait. Comme il a pied, il encouragera le capitaine à le rejoindre dans l’eau.
Le matos sur la tête, direction la plage du Gorjèn, ce soir, nous dormirons à terre.

5ème jour, Port Louis

Au matin, point météo avec le moniteur de l’école de voile. Ils annoncent du vent de sud-ouest fort pour la journée.
Tant qu’on n’est pas à louvoyer, le Juben encaisse bien, nous partons.

Y a pas ! On est en Bretagne ! Les petits, sur leurs Optimists, encaissent les surventes et le clapot de la sortie du Belon comme des grands.
On a intérêt d’assurer, le mono nous a à l’œil. C’est vrai que dehors, ça pousse, mais c’est tout à fait manœuvrable.

Nous irons sous Groix pour casser la croûte. Quelhuit et sa roche sauront nous accueillir.
Nous assistons même à un démâtage d’un bateau d’au moins 10 mètres. Des plus gros que nous leur proposent de l’aide par radio.
Nous ne les aiderons que du regard, l’équipage gèrera la situation seul. Ils rentreront à Port Tudy au moteur.

Un dernier « run » direction Port Louis, au portant, à se tirer la bourre avec des « gros ».

Encore une balade sympa avec un bateau léger, maniable, marin et relativement rapide.
Plein d’images en tête, Capitaine, c’est quand tu veux qu’on repart.

De Patrick, novembre 2009

PS : pour la fin, plus de piles donc plus de photos

Cet article a 0 commentaires

  1. ça donne envie……. de traverser la France remorque aux fesses pour venir faire un tour dans votre jardin, les amis…

    Par dessus tout, j »ai adoré le ton de votre article, enjoué et empreint de simplicité.

    PHIL

    1. Un peu de rêve dans ce monde de brutesComme phil, votre reportage me donne envie d »aller traîner mes quilles dans une mer à marée. Si la méditerranée m »est famillière, je n »ai aucune expérience de la nave en Bretagne.
      Phil on y va quand ? :rolleyes:

      1. Coucou Richard,

        J »ai accumulé pas mal de doc et d »articles de virées dans ces coins-là qui donnent plus envie les uns que les autres d »aller y flaner…
        Je propose qu »on aille y faire un tour quand ça caillera un peu moins 😉

        PHIL

        1. La haut chez le nord !!!!

        2. Ciel bleu et air pur… Z »avez vu la couleur incroyable du ciel sur toutes ces photos? Aussi incroyable que celle de l »eau…

          Ahhh…Vivement qu »on y soit !

          Philou la bronzette ( en ciré…)

        3. un petit conseil salut les méditerranéens,
          juste un dicton Breton:
          « en Bretagne, il n »y a pas de mauvais temps, il n »y a que des mauvaises tenues »
          donc si vous montez sortez couverts, avec un peu de chance, vous n »en aurez pas besoin.
          contrairement à chez vous, ici, il fait beau plusieurs fois par jour!!!
          bien équipés, vous vous régalerez et ne voudrez plus redescendre.

        4. Autre dicton Breton Quand sur le toit de l »église les mouettes font face à la mer c »est qu »il va pleuvoir et quand elles tournent le dos à la mer c »est qu »il ,pleut 🙂

          T »en fais pas PHIL, on mettra de l »antigel dans notre crème à bronzer !

        5. et plus encore… Quand les mouettes volent sur le dos,
          les marins restent au bistrot.

          Phil joue les sudistes effarouchés par les températures propres à ces lattitudes mais je l »ai vu de mes yeux naviguer bien plus au Nord !

          Ce mélange de navigations maritime et fluviale donne vraiment envie. j »échangerai bien mes plages de dunes contre des abers et des estuaires !

        6. Le sudiste éffarouché… …portait une combinaison néoprène , dans laquelle ça finissait par « fouetter grave » au bout de 48 heures…

          Nostalgie et envie Sur que ca fait envie j ai traine mes bottes par la et je me dis que ca fait bien longtemps que j aurai du y retournerMerci pour le recit

          special Phil
          le fameux dicton
          Qui trop ecoute la meteo perd son temps au bistrot

          1. Bon ben…c »est parti pour une soirée « Dictons »? Allez , une première vague, relative à la météo EN BRETAGNE :

             » Avis de tempééééééte…Reste à la buvééééétte !  » ( A prononcer avec l »accent breton, s »il existe…)

             » Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée… »

             » Pingouins dans les champs, hiver méchant!  » ( ma préférée…)

             » Si le goëland se gratte le gland, signe de mauvais temps…. S »il se gratte le cul, il fera pas beau non plus…!!!  » ( Amis de la poésie, bonsoir ! )

             » Là où y »a pétole…y »a picole !  » ( Celle-ci, je me la dédie spécialement ).

             » Quand la bouteille de bière siffle, 25 noeuds établis !  » ( Pour Jean-Marc, remplacez le mot « bière » par « CacaLight », mais ça siffle moins bien…)

            PHIL

      2. skipper « Assenta » J »ai bien apprécié le recit de ces quelques jours de navigation du Juben.
        Ayant passé ;en septembre dernier; une 10aine: de jours chez des amis a Riantec, le temps superbe nous a permis d »aller a la peche sur le bateau de mon copain ,mouillé a la sympathique marina de Locmiquelic (tout pres de Port Louis) Avons aussi fait plusieurs balades dans les environs qui m »ont fait apprecier les possibilités qu »offre ce plan d »eau et j »imaginais deja mon 7 metres se fourvoyant dans ces petites criques et autres baies pour une semaine de navigation .
        Dommage que l »ile Maurice ; mais, a la prochaine visite chez les Bretons; c »est sur que je tacherais de naviguer un plus ..et a voile! le long de ces beaux rivages.Salutations a tous.

      3. skipper « Assenta » J »ai bien apprécié le recit de ces quelques jours de navigation du Juben.
        Ayant passé ;en septembre dernier; une 10aine: de jours chez des amis a Riantec, le temps superbe nous a permis d »aller a la peche sur le bateau de mon copain ,mouillé a la sympathique marina de Locmiquelic (tout pres de Port Louis) Avons aussi fait plusieurs balades dans les environs qui m »ont fait apprecier les possibilités qu »offre ce plan d »eau et j »imaginais deja mon 7 metres se fourvoyant dans ces petites criques et autres baies pour une semaine de navigation .
        Dommage que l »ile Maurice ; mais, a la prochaine visite chez les Bretons; c »est sur que je tacherais de naviguer un plus ..et a voile! le long de ces beaux rivages.Salutations a tous.

        1. Serait-il raisonnable de faire le même parcours avec un Sun 2000

        2. La bretagne sudQuand je vois avec je l »ai fait étant gamin un Sun 2000 c »est un véritable « yote » ! j »ai vu plus petit faire pire, tout est une question de météo et bien sur aussi une question de connaissance, voyez Richard dans le sud avec son Hamac et j »en connais qui sont dans le Golfe du Morbihan qui vont régulièrement a Houat et Hoédic en Hamac également

        3. sun 2000 et sun fast 20 c »est presque le même bateau, si avec le Juben on s »est régalé, y aura pas de problèmes pour toi.
          si tu connais bien ton bateau et si tu restes raisonable, il n »y a aucune difficulté à suivre nos pas.
          pour avoir de bonnes info sur les mouillages nous avons un bouquin ( dont je ne me souviens pas du nom) qui donne des infos très précises sur toute la côte bretonne. il me semble que la Bretagne est coupée en trois parties, la frontère sud étant au niveau de Belle ile-Quiberon.
          si le « capitaine » lit mon message, il pourra te donner les coordonnées
          à plus et bon vent
          Patrick

    2. n’hésitez pas!!! C’est vrai que cette virée était particulièrement sympa, non pas que les précédentes (Houat Hoëdic Belle Ile Le Golf Groix ….) ne l’étaient pas, mais celle-ci nous a fait connaitre ou revoir des sites radicalement différents en quelques jours, rien qu’en faisant des sauts de puce .Il est vrai aussi que le bateau se prête tout à fait à ce genre de ballade. Un léger regret ; nous n’avons pas fait de navigation nocturne ; faute de vent, on ne peut pas avoir tout le temps de la chance !
      Pour ceux qui ne connaissent pas le coin ; n’hésitez pas, il ya de l’air, souvent du soleil (on ne ricane pas), un ciel et une eau toujours changeant, des marées, des cailloux partout, le bonheur quoi !
      Michel « le Capitaine du Juben »

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