Astus 22: Déployer et replier les flotteurs.

Astus 22: Déployer et replier les flotteurs.

Pour se replier ou se déplier, l’Astus 22 reprend le principe des tubes alu coulissants tel qu’il a été expérimenté avec succès sur l’Astus 20.1 (simplicité, légèreté et économies à la clé).

Mais si seulement 55 cm séparent les 2 trimarans d’Astusboats, l’Astus 22 est quasiment 2 fois plus gros que l’Astus 20.1 . Et c’est encore plus vrai avec les flotteurs,  où ceux du grand frère avoisinent les 80 kg … tandis que ceux du petit frère font une trentaine de kilos seulement.
Idem pour l’écartement entre les poutres : de 2m20, on passe à environ 3m50.

On peut donc s’attendre à quelques différences lorsque l’on utilise ce système sur ces deux bateaux. Et effectivement, la mise en oeuvre s’avère plus délicate à gérer sur l’Astus 22.
Après une saison d’utilisation, voici les trucs et enseignements que j’ai pu repérer. Il y en a sûrement d’autres à découvrir pour perfectionner la technique.

A terre

Si j’ai le choix, je préfère sortir et rentrer les flotteurs lorsque l’Astus 22 est chargé sur sa remorque (c’était aussi le cas avec l’Astus 20.1 ). Je trouve la manoeuvre plus facile et la mise sous tension des trampolines s’avère plus pratique et plus efficace.

La plupart du temps, je sors ou rentre le flotteur seul.
Comme le volume, et donc le poids, est plus important à l’avant du flotteur, je me positionne à environ 1/3 de la distance entre les 2 poutres (vers la poutre avant).
J’attrape le flotteur en plaçant mes avant-bras dessous, et je le soulève pour l’alléger d’une bonne vingtaine de kilos environ, tout en le tirant (ou le poussant).
Cet effort est prodigué par « à-coups » pour ne pas forcer sur le dos. Si l’endroit où je suis placé est correctement situé, le flotteur peut se déplacer de 80 cm d’un coup. Si je suis mal placé, il va bouger de 15 cm seulement.

Dès que cela coince, inutile d’insister. Il faut rechercher la cause.
Il peut s’agir du hauban que l’on a oublié de détendre, du bout de transfilage du trampoline qui s’est coincé quelque part, de la martingale qui est resté enroulée au bout de la poutre ou, tout simplement, d’une mauvaise position du point de traction…

Si l’on est deux pour faire la manœuvre, chacun peut se positionner à une extrémité du flotteur et l’on progresse alors par à-coups d’une quinzaine de centimètres à chaque fois (en même temps ou alternativement, le système tolérant de ne pas être parfaitement aligné).

Sur l’eau

Fréquentant rarement les ports, j’ai moins eu l’occasion de pratiquer. Je vous relate donc plutôt l’expérience acquise par Fabien qui commence a être bien rodé sur cette manœuvre, comme vous pourrez le découvrir sur la vidéo ci dessous.

Pour sortir le flotteur, il se positionne dessus, afin de l’enfoncer légèrement dans l’eau, puis il l’écarte de la coque centrale en le poussant avec les jambes. Il faut reconnaître qu’il fait preuve d’une bonne dose d’agilité pour exécuter l’opération sans reposer son poids sur le trampoline…

Il faut soigner l’équilibre transversal pour que le coulissement s’opère correctement. Par exemple, si tout l’équipage se positionne sur le banc du cockpit en faisant « gîter » le bateau du côté du flotteur, celui-ci va se retrouver bloqué par la pression.
L’expérience permet de sentir et connaître les bons équilibres.

Une fois le flotteur sorti, on se déplace vers l’une des poutres pour finir de pousser avec les jambes (ou tirer en appuyant sur le trampoline) afin de l’écarter (ou le rapprocher) à la distance exacte qui permet d’insérer la clavette.

Il ne reste plus qu’à tendre le bout de transfilage du trampoline.

Pour rentrer le flotteur, la manoeuvre est plus facile mais, là encore, il faut trouver le bon équilibre pour que cela coulisse sans efforts. On peut tirer sur la patte d’oie du hauban ou simplement marcher sur le trampoline une fois les clavettes retirées.

Une astuce pratique consiste à réaliser une patte d’oie avec des bouts attachés aux extrémités des poutres et de tirer dessus en étant placé sur le trampoline opposé ce qui permet d’alléger la pression sur le flotteur en dosant l’équilibre transversal :

De Jean-marc Schwartz, novembre 2009

Cet article a 0 commentaires

  1. Bras repliablesVoir vidéo sur YouTube: Predator trimaran easy set-up. Même systéme de poutres coulissantes et pourtant avec quelques poulies et longeurs de bouts, c »est pas comparable avec la vidéo ci-dessus. Il serait bon que nos architectes se penchent sur cette technique… Pas compliquée et surtout peut onéreuse!!
    Bon salon

    Il y a des photos sur le site du chantier ou de l »arcitecte…. Je ne sais plus

    1. Encore mieux !Nos architectes se sont déjà penché sur cette technique en la personne de Christophe Maurel, le papa de la série des trimarans Triptyque qui utilisent tous ce système.

      Malheureusement pour les Astusciens, il n »est pas utilisable lorsqu »il s »agit d »une poutre alu coulissant dans une autre (pas de place pour passer les câbles).

      Moi, c »est surtout cette vidéo qui m »impressionne :
      http://www.youtube.com/watch?v=KxRc8g5c-q4
      On y voit le repliage et dépliage d »un Telstar 28 avec une facilité et une rapidité déconcertante ! :shocked:
      Et le coup du passavant qui se replie une fois le flotteur rentré… Impressionnant d »ingéniosité.

      1. Oui mais… sûrement pas le même coût que pour le Prédator!
        J »avais déjà vu cette vidéo……..ça fait rêver!!!!!!

        1. Repliage sans efforts, ça semble exister ! Jean-Marc fait bien de citer le système de repliage des trimarans Triptyque conçu par Christophe Maurel, il est proprement bluffant!

          D »un point de vue mécanique, le guidage linéaire ( guidage en translation…) par roulement a toujours généré moins de frottements que le guidage par glissement…
          Les bras des Triptyque ( courbes…mais ça marcherait aussi bien avec des bras rectilignes…)sont guidés entre des galets tournants. Ceux-ci restent très accessibles par l »extérieur et sont faciles à changer le cas échéant, aux dires du constructeur, sans avoir à ouvrir les caissons, et permettent repliage et dépliage en tirant sur un simple bout …c »est réellement bluffant !
          On est loin des efforts, décrits par Jmarc, que l »on doit produire sur les flotteurs d »un A 22 pour les déployer par sauts de puce de 15 cm, à condition de les saisir au bon endroit…
          Voici le lien de la vidéo tournée pendant le Grand Pavois de La Rochelle…A déguster sans modération!!!
          http://www.youtube.com/watch?v=QNPXQOQ6YG0

          PHIL

          1. Dépliage/repliage du Triptyque 23Même commentaire que René te regardant déplier Winnie tout seul en quelques secondes à Serre Ponçon : « ça dégoute… »

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