Astus 22.1 : Mâtage et mise à l’eau

Astus 22.1 : Mâtage et mise à l’eau

Voici la séquence illustrée des opérations de mâtage et de mise à l’eau d’un trimaran Astus 22.1

On commence par retirer les sangles à cliquet qui maintiennent fermement le bateau sur sa remorque.

On retire la plaque d’immatriculation et les 2 rallonges qui permettent de la fixer à la remorque.
Fixer le câble électrique déconnecté suffisamment haut sur la remorque pour qu’il ne puisse pas tomber dans l’eau lors de la mise à l’eau.

La grosse sangle arrière passe juste derrière les poutres. Elle fait le tour de la traverse arrière de la remorque, à droite puis à gauche, comme indiqué par les flèches bleues.

On détache le mât fixé :

  • sur la potence de la remorque à l’avant
  • au niveau du pied de mat au milieu du bateau
  • sur le porte-mât arrière.

On fixe l’étai avec le foc enroulé sur le mât.

Pour reculer le mât, il est plus pratique de s’y prendre à deux. L’un est perché sur le bateau…

Tandis que l’autre, resté à terre, attrape l’extrémité du mât

On recule en prenant garde de ne pas coincer un hauban quelque part.

On recule jusqu’à laisser les fixations des bas-haubans en avant de la fourche du porte-mât.

On pousse légèrement le mât jusqu’à accrocher les crochets du pied de mât autour de l’axe de pivotement du pied de mât.

Les fixations des bas-haubans viennent pousser contre la fourche du porte-mât qui fléchit légèrement. Cela permet de garder une pression qui pousse le mât vers l’avant afin de l’empêcher de sortir du pied de mât.
Attention cependant de ne pas le faire reculer en s’accrochant dessus sinon il basculera et sa tête percutera le sol…

Le kit de matage du chantier utilise des pattes de fixation fixées de chaque côté du mât à l’aide d’une tige filetée et d’écrous normalement indesserrables… Sauf qu’ils sont partis tous seuls sur mon Astus 22.1 en cours de navigation (heureusement que ce n’est pas arrivé lors d’un mâtage ou démâtage…).
Du coup, je trouve plus sûr de me servir de la drisse de grand-voile passée autour du mât en formant une boucle, à la hauteur des trous traversés précédemment par la tige filetée.

A la boucle de la drisse de GV, on fixe deux cordages de 4 mètres de long, à l’aide d’un simple nœud de chaise.

Le cordage passe ensuite dans les chandeliers fixés sur la main courante, de part et d’autre du pied de mât.
J’ai monté des minis chandeliers en inox, plus hauts et plus reculés que les fixations fournies d’origine par le chantier, afin qu’elles soient parfaitement alignées avec l’axe de pivotement du pied de mât.


De cette manière, on peut tendre les 2 cordages latéraux à l’aide du winch et conserver ce réglage bien tendu durant tout le mâtage, en bloquant les bouts dans les taquets coinceurs du foc.

On fixe le palan de grand-voile à la cadène de l’étai, à l’étrave :

On étire le palan au maximum (posé à plat sur le pont, on aperçoit le tube alu du kit de matage, avec les 2 écrous à œil à son extrémité) :

Voici l’autre extrémité du tube alu du kit de matage, avec la pièce spéciale pour qu’il s’insère dans le pied de mat :

On fixe l’extrémité du palan au bout du long tube alu du kit de matage et l’on frappe l’extrémité de la drisse de spi de l’autre côté (sur les écrous à œil vus précédemment).
Le tube est ensuite glissé entre les « joues » du pied de mât. La drisse de spi est tendue puis fixée au taquet sur le mât :

Avant de hisser le mât, s’assurer que le foc avec l’étai passe bien à l’extérieur des haubans et des barres de flèche (il ne doit surtout pas passer entre le hauban et la barre de flèche).

Attacher sommairement le foc au pied du mât pour éviter qu’il aille se balancer sur un côté.

Passer les bas-haubans à l’intérieur des winchs, sur le rouf, sinon, ils ne manqueront pas de venir se coincer contre les taquets coinceurs d’emmagasineur.

Tirer sur l’écoute du palan pour hisser le mât.

En cas de vent latéral ou de remorque en dévers, je conseille de laisser une personne au pied du mât et qui pourra tirer sur l’un ou l’autre des bouts de maintien latéral pour remettre le mât dans l’axe si besoin.

S’assurer pendant le mâtage que les haubans ne viennent pas se coincer dans le moteur, autour des flotteurs, dans les taquets d’amarrage ou ailleurs…

Une fois le mât dressé, assurer l’écoute de grand-voile qui le retient autour d’un taquet d’amarrage pour être certain qu’elle ne soit pas retirée inopinément de son taquet coinceur :

Réaliser un palan avec un bout pour fixer l’emmagasineur du foc à la cadène. Attention de placer les demi-clés d’arrêt en dessous du nœud de chaise, pour éviter qu’elles ne viennent glisser et se coincer contre la manille… ce qui rendrait leur dénouage difficile.

Une fois les demi-clés d’arrêt réalisées, utiliser la longueur du bout restant pour doubler par-dessus l’amarrage. Cela permet de protéger le palan principal d’un coup tranchant et, si celui-ci était usé et venait à céder, on profite d’un second amarrage de secours.

Passer le bout de l’emmagasineur dans le filoir pour qu’il ait un angle de tire à 90 degrés de l’axe de rotation de l’étai, puis le passer dans le taquet coinceur à l’arrière du rouf.

Pour éviter qu’il ne se fatigue prématurément, le foc a été roulé « peu serré ». Il faut donc l’enrouler de nouveau serré en effectuant des tours avec les écoutes (sinon, on manquera des tours dans l’emmagasineur pour le rouler complètement en navigation).

Passer les écoutes du foc dans leur poulie fixée sur la main courante du rouf.

On peut ranger les bouts latéraux qui ont servi à maintenir le mât et défaire la drisse de GV passée en boucle autour du mât.

La barre du kit de mâtage et le support de mât peuvent être retirés et rangés dan la voiture.

Le safran est installé (poser l’extrémité de la pelle du safran sur le pied pour éviter qu’elle ne s’abîme sur le bitume) :

S’il y a la place sur la mise à l’eau, sortir les flotteurs en les soulevant pour qu’ils frottent le moins possible dans les tubes. Si l’on est seul, il faut se placer au niveau du pied de mat. Si l’on est deux, chacun se place à une extrémité du flotteur et on le sort progressivement par déplacement de 10 cm.

Si c’est dur, ne pas forcer. Regarder ce qui peut coincer : clavette non retirée, hauban tendu, bout de martingale enroulé autour de l’extrémité de la poutre, transfilage du trampoline non desserré… ou alors, c’est la force de traction qui est exercée au mauvais endroit.

Aligner la pièce en PVC gris avec l’extrémité de la poutre centrale puis remettre les clavettes.

Tendre le trampoline via le transfilage sur la poutre.

Attention. Lorsque les flotteurs sont écartés, le trimaran n’est pas très stable sur sa remorque. Eviter de monter dessus (ou alors, faire attention de bien rester sur l’axe longitudinal).
S’il y a un vent fort latéral, une personne doit rester près d’un flotteur pour le soutenir ou appuyer dessus afin de maintenir le voilier à l’horizontal.

Reculer la remorque jusqu’à ce que le bas des pneus touche l’eau.

Retirer le système permettant de « casser » la remorque.

Avant la mise à l’eau, penser à remonter et bloquer :

  • le safran
  • le moteur
  • les 2 dérives

Débloquer le treuil et mouliner pour laisser le bateau descendre.
Une fois à mi chemin, on peut lâcher le treuil tout en s’éloignant pour ne pas être blessé par la manivelle qui va tourner rapidement. Arrivé en bout de remorque, la bateau va ralentir de lui-même.

Attention aux « gamelles » douloureuses sur les cales glissantes. Le bateau est léger sur l’eau et a un faible tirant d’eau. Il est donc facile à manipuler à la main… mais il est également très sensible au vent. Prévoir une amarre avant et une amarre arrière pour le manipuler plus aisément.

Sortir la grand-voile de la cabine et la dérouler sur un trampoline en faisant attention de mettre les chariots de lattes vers l’avant.

Fixer la bome sur son vis de mulet puis fixer le point d’amure de la GV dessus, à l’aide de la manille.

Dévisser la molette de la plaque obstruant la gorge du mat puis insérer les coulisseaux en commençant par la têtière et prenant garde qu’ils soient dans le bon sens. Obstruer de nouveau la gorge du mat avec la plaque et sa molette de serrage pour éviter que les coulisseaux puissent ressortir.

Installer ensuite les lazy-jack… puis le palan d’écoute.

Si possible, beacher l’Astus 22 par l’avant afin d’installer le gennaker confortablement.

Sortir le bout-dehors et l’encastrer dans sa position nominale…

Puis tendre la sous barbe :

Hisser le gennaker (pas complètement) puis fixer son emmagasineur à l’extrémité du bout-dehors (c’est surtout cette opération qu’il est bien plus aisé de réaliser lorsque le bateau est beaché).

Reprendre la tension de la drisse du gennaker.
Récupérer les écoutes du gennaker …

et fixer les poulies au milieu des poutres arrière.

Larguer les amarres et …

profiter du spectacle !

Timming

A deux personnes, sans traîner mais sans courir, compter environ :

  • 1/4 d’heure pour dessangler le bateau, retirer la plaque et le mâter.
  • 1/4 d’heure pour déployer les flotteurs, tendre les trampolines, mettre le bateau à l’eau et l’amarrer.
  • 1/4 d’heure pour installer la grand-voile, les lazy-jack et le gennaker.

Cet article a 0 commentaires

  1. nico

    Tu es plus rapide que moi!

    Bravo Jean Marc,

    Il me faut un bon 1/4 d'heure de plus pour mettre à l'eau mon Gwenojenn, et encore, si personne ne nous interromp pendant le processus.

    Lors des régates Trispeedcup, on est souvent tenté d'aller taper le bout de gras avec le copain qui vient d'arriver, sinon, on trouve souvent du monde pour parler du bateau, ce qui ne fait pas avancer le shmilblik…

    Mais bon, 1h pour mettre tout en branle et idem pour remballer, c'est raisonnable je trouve pour un week end de nav.

    Du temps ou j'avais un bateau au mouillage, c'est presque le temps qu'il me fallait pour mettre à l'eau la plate, gagner le mouillage, enlever les bequilles, revenir chercher les bagages et les collègues à la cale, mettre les voiles, et les 3/4h étaient passé…

    Vive les transportables!!

    nico

    1. les copains

      @ Nico : si on retrouve des copains sur la cale, on se prend entre 1/2 heure et 1 heure en plus, le temps de papoter et de filer un coup de main aux moins rapides… Mais c'est pas grave car cela devient un bon moment de détente.

      En fait, ce n'est pas la durée qui compte mais plutot l'environnement et l'ambiance. S'il y a de la place, qu'on ne gène personne, qu'il fait bon et que les enfants peuvent s'amuser aux alentours sans risque, l'opération peut durer plus d'une heure sans que cela soit une corvée. c'est même déjà une activité de détente.

      Par contre, s'il fait une chaleur étouffante et qu'il y a du monde qui attend en ralant que l'on dégage de la cale, alors là, c'est la course pour expédier la corvée le plus vite possible et dégager. C'est pour ça qu'on est si rapide sur la cote d'azur

    2. nico

      les copains

      La différence avec la Cote d'Azur, c'est qu'en Bretagne c'est la pluie plus que la chaleur qui rend la tache désagréable…

       

       

      [file=78]

      1. les copains

        C'est pas tous les jours qu'il pleut.

        Lors de la dernière régate Trispeedcup à St Malo, il a fait très beau. Nous n'avons pas eu une seule goutte de pluie.

        On a du battre des records de matage car avec le vent qu'il y avait, ils montaient tous seuls !!!

         

         

        1. Trop de copains

          Sauf qu'à cette épreuve, il y avait trop de copains réunis ce qui anéanti toute chance de battre un record de vitesse :-/

  • matage

    Ah une bonne jumelle à clé, ça fait pas rèver !

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