Croisière provencale en trimaran Astus 22 (Cote bleue et iles du Frioul)

Croisière provencale en trimaran Astus 22 (Cote bleue et iles du Frioul)

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10ème jour, les îles du Frioul

Petite nuit… Ca a commencé la veille au soir lorsque des stagiaires du centre de plongée UCPA qui est basé à Niolon, ont décidé de se faire une bonne nouba sur la terrasse d’un bar du village.

Ca s’est poursuivi encore plus tardivement avec les pêcheurs acharnés, installés sur le quai. Un repli stratégique dans la cabine s’impose alors pour échapper un tant soit peu aux bruits ambiants.

Enfin, à 6h30 le matin, ça s’est achevé par le départ du bateau de pêche amarré juste à côté de nous. Ca ne devait pas être les mêmes pêcheurs que ceux de cette nuit, car ceux-là avaient l’air frais et dispos, contrairement à nous.

Avant de découvrir quelles allaient être les réjouissances sonores suivantes, Florence propose judicieusement de lever l’ancre et d’aller se chercher une crique plus tranquille.

La tente est promptement pliée, les affaires entassées dans la cabine où les enfants terminent leur nuit comme si de rien n’était, et nous voilà en train de longer la côte au moteur tandis que le soleil se lève au dessus de Marseille.

Moi qui voulais découvrir la côte Bleue, je suis servi. J’explore la côte au moteur à la recherche d’un coin sympa.
Beaucoup de rochers, quelques pêcheurs à la ligne ou sous-marin déjà à pied d’œuvre, quelques plages sans grand cachet et la plupart du temps protégées par des bouées jaunes, des calanques barricadées par une digue de pierres entassées afin de créer des petits ports, on ne trouve rien d’extraordinaire à se mettre sous la dent.

Florence finit par rejoindre les filles dans la cabine pour terminer sa nuit tandis que je reste seul sur le pont à la recherche d’un coin de rêve où se poser pour la journée, et plus si affinité.

Seule une jolie grotte, dans laquelle s’envolent des oiseaux blancs à notre approche, parvient à exciter mon intérêt mais elle n’est pas adaptée pour nous permettre d’y rester.

Puis, changement de décor spectaculaire. La roche aride à la végétation rabougrie fait place à une végétation plus conséquente. Malheureusement, les constructions sur ce littoral deviennent également nettement plus abondantes. Il faut maintenant compter avec la présence de la route et de la foule…

Je finis par dénicher un recoin tranquille dans une petite anse déserte pour y prendre notre petit-déjeuner. Nous ne nous y attarderons pas car, hormis Marilou qui apprécie l’endroit pour ses possibilités d’escalade, rien d’extraordinaire. Pensez donc, on ne peut même pas y accrocher un hamac. Quelle désolation…

Surtout que le clapot commence à arriver et rend notre amarrage délicat. Je reprends la route à la voile en me disant qu’on va bien finir par trouver une perle sur cette côte Bleue…

Hé bien non.
Si cette côte semble être un paradis pour la plongée sous-marine et la pêche en tous genres, elle n’offre guère de possibilités pour le randonneur nautique. Nous terminons notre exploration par le pittoresque petit port de pêche de Carro où nous nous ravitaillons en pain.

A proximité du port, j’observe, dubitatif, le parking « sauvage » rempli de camping-cars serrés les uns à coté des autres. On est bien loin du cliché du camping-car isolé dans un coin de nature sauvage qui laisse rêveur… Surtout avec cette odeur persistante apportée par le vent de nord-ouest qui vient nous rappeler que nous sommes à côté de Fos, où se situe le plus gros complexe pétrochimique de France.

J’espère qu’à force de règlementer les rivages, nous ne finirons pas, nous aussi, les randonneurs nautiques, entassés sur les quelques dernières plages polluées où nous serons encore tolérés…

Pour l’instant, nous voilà repartis vers les îles du Frioul en profitant du vent portant.
Le vent monte gentiment et notre vitesse avec. Nous sommes seuls au large, à 8 nœuds, c’est enfin le moment d’attaquer le ski nautique à la voile avec le nouveau surf en mousse.

Léa, la plus expérimentée, se prépare la première. Pendant que l’Astus 22 est lancé au travers sous gennaker, le départ à genoux sur le surf à partir de la spacieuse jupe arrière est un jeu d’enfant.

A 7 nœuds de moyenne, ça manque encore un peu de vitesse pour planer correctement. Il nous faudrait un bon force 3-4. Mais Léa peut quand même enchaîner quelques virages et « survit » à la baisse de vitesse lors d’un empannage.

C’est ensuite au tour de Marilou de s’y coller. Du haut de ses récents 6 ans, et dotée d’un poids plume, sa glisse est bien meilleure. Elle plane sans problème et part facilement en surf en descendant la petite houle. Elle se régale et ne comprend pas que nous finissions par la ramener de force à bord au bout d’un bon quart d’heure. Elle est quand même très fière de ne pas être tombée dans l’eau.

Nous longeons ensuite la côte Est des îles du Frioul, à l’abri du vent d’ouest annoncé pour la nuit.
Les plages sont quasi inexistantes sur ces îles rocheuses alors nous nous contenterons de la petite anse dénichée sous la tour du Pomeguet.

Les plus grandes débarquent et s’en vont jusqu’au port où, paraît-il, il y a… des boutiques !
Elles reviennent avec un bien précieux qu’il nous a été impossible de dégoter durant nos escales précédentes : une bouteille de gaz au format compatible avec notre réchaud, trouvée chez un schipchandler… à un prix inférieur aux grandes surfaces.

L’amarrage est délicat entre les cailloux. Il faut multiplier les amarres et les ancres, et subir le ressac d’une houle résiduelle épisodiquement accentuée par le passage d’un navire.

Aussi, dès que plus personne n’a besoin de retourner à terre, nous éloignons le bateau de plusieurs mètres afin qu’il profite de plus d’espace pour vaquer sans entrave, entre son ancre mouillée à l’avant et ses 2 ancres arrières qui le relient encore à la terre.

Un peu plus loin, une bande de joyeux drilles s’est entassée sur un autre petit voilier.
Pêche, baignade et rigolade, ils profitent sans vergogne de la mer, illustrant à merveille que le bonheur n’est pas proportionnel à la taille de son bateau. Ni à celle de son annexe d’ailleurs, puisque la leur se résume à un épais matelas gonflable.

En tout cas, pour la première fois depuis que l’on est parti, ils nous offrent l’occasion d’avoir le sentiment d’être luxueusement installé à seulement 5 sur notre trimaran…

11ème jour, Marseille

Le petit coup de vent qui devait se lever en seconde partie de nuit a finalement déclaré forfait. Nous avons roupillé comme des loirs sans être importunés ni par le vent, ni par les vagues.

Quelques amarres larguées d’un côté et reprises de l’autre et nous voilà revenu à notre position de la veille, suffisamment proche de la micro plage pour pouvoir y débarquer à pied.
Il reste tout juste la place entre 2 rochers pour que les petites annexes des bateaux au mouillage puissent continuer d’atteindre la terre…

En petit commando, nous partons à l’assaut du fortin situé en haut de la colline d’où nous profitons d’une vue intéressante sur les multiples tentacules de cette grande île tellement découpée qu’elle semble avoir été construite par l’assemblage de plusieurs petites îles.

Vient ensuite l’heure du grand nettoyage avant de passer le relais à Fabien et Magali.
La cabine est entièrement vidée de son contenu qui vient s’étaler sur les grands trampolines. Tout est plié serré dans les sacs dont nous disposons car après notre débarquement, les 7 grandes caisses en plastique qui nous servent de placard resteront à bord.

Chacun avait embarqué avec un sac de vêtements de taille moyenne, plus autant de vêtements de réserve dans un second sac en plastique. Bien comprimé, on arrive tous à rentrer l’ensemble de nos fringues dans notre premier sac. Sachant qu’on a tous encore quelques affaires non portées, on voit ainsi que le volume de vêtements pour partir 10 jours (l’été) reste tout à fait raisonnable.

Quant aux deux caisses de nourriture parties pleines de la maison, le contenu de l’une fera le voyage retour avec nous. Entre les restaurants et les victuailles fraîches achetées en route, nous réalisons que nous avons emporté deux fois trop de réserves de nourriture .

Une fois tout nettoyé et empaqueté, c’est parti pour notre dernière navigation en direction du Vieux Port de Marseille. Le taud étant installé sur la bome avec la table du déjeuner dressée en dessous, nous profitons du vent portant pour naviguer sous gennaker seul. Ca manque un peu de chevaux… La grand-voile est hissée malgré la bome en l’air avec le taud toujours dessus. Qu’importe « le style » pourvu qu’on puisse manger à l’ombre sans se retrouver encalminé.

Fabien nous attend sur le ponton devant la capitainerie lorsque nous y arrivons.
Déchargement de notre m3 de matériel. Chargement de son m3 à lui.

Dire qu’au volant de son 4×4, il nous faudra à peine plus de 2 heures pour faire le chemin du retour jusqu’à Cannes… Qu’est ce qu’on se déplace vite sur terre !

Bilan

C’était sympa… mais pas exceptionnel.

Il s’est écoulé une quinzaine d’années depuis la dernière fois où nous avons fait ce parcours provençal à la voile. Si la mer et la côte sont toujours aussi belles, l’accès aux plages s’est avéré plus délicat.
Plus de monde, d’une part, et plus de zones règlementées (les fameuses bouées jaunes) d’autre part.
Conjugué avec l’accroissement de notre embarcation, en longueur et surtout en largeur, nous avons vu le panel des « petits coins de rêve » accessibles se réduire sensiblement.

Avec 1/3 de moteur, 1/3 de vent de face et 1/3 de vent portant, les conditions de navigation étaient diverses avec une nette proportion de pétole. Le vent faible n’est, d’ordinaire, pas très gênant avec un trimaran capable de se déhaler dans peu d’air. Mais pour cela, encore aurait-il fallut que la mer soit en phase avec le vent, c’est-à-dire calme. Là encore, la fréquentation importante de bateaux à moteur devient problématique en cette saison.

Moralité, pour profiter pleinement des nombreux joyaux de cette côte, il me parait préférable de viser les mois de juin ou de septembre pour éviter l’affluence des vacanciers et profiter de la sérénité qui sied à ces lieux enchanteurs.

Concernant le bateau, il s’est avéré parfait pour ce programme de croisière côtière familiale.
A la fois spacieux, agréable et fun, il se montre très sécurisant lorsque que le vent monte. Mais je reviendrais plus en détail sur le bilan de cette première saison en trimaran Astus 22 dans un autre article.

Pour l’organisation à bord, l’équipage et l’équipement commencent à être bien au point. Amarrage, repas, couchage, rangement et toilette, rien à signaler !

Enfin, à propos du rythme suivi, si c’était à refaire, nous cavalerions moins. Des navigations moins longues, des escales prolongées et pas de côte Bleue nous auraient mieux convenu.

Reste maintenant la grande question : où repartirons nous l’année prochaine ?

De Jean-marc Schwartz, août 2009

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Cet article a 0 commentaires

  1. La cote Dalmate… J »en reviens avec le tri 22. Et la croatie est tout indiqué pour le programme du bateau.
    Je prepare un article qui sera publié en premier sur un autre site. Sur le fond ca ressemble beaucoup a ce que l »on trouve lors de ta virée provencale, mais plus d »iles, gros traffics aussi, mais surtout sur les routes reliant les innombrables marina. Si on sort un peu de ces santiers, ca se calme. Mais la aussi j »avoue que cela a bien changé depuis mon premier contacte avec la cote dalmate qui remonte maintenant à 9 ans….a l »epoque je sais meme pas s »il y avait une base Sunsail la-bas…..c »est tout dire!!

    1. eric17

      Sporades je crois (?) qu »ils avaient déjà la base de Split, pas encore celle de Pula. Mais ça change tout le temps chez eux (on dit : « ils sont très réactifs »). J »espérais aller en Ecosse cet été (pour avoir plus de vent qu »en Croatie, justement): raté, base fermée. Mais les Sporades (Nord de la mer Egée), c »était bien aussi, énorme trafic de ferries, mais peu de plaisance (à part les ~20 autres Sunsail qu »on croisait partout), plein de mouillages superbes (attention, à surveiller quand le vent tourne, cad tout le temps !), et on a même eu un  »tit coup de meltem. On était mieux en mer ce soir là : le 60 pieds alu Thalassanté, croisé dans l »AM, qui a passé une nuit d »enfer dans le port de Skopelo (voir leur site), pendant qu »on faisait route à 8 kn sous 2 ris, avec la banane enfin du zef ! ben oui, ça a beau être le coin le plus venté de la mer Egée, le vent reste … sporadique ! Et les distances journalières (avec un 34 pieds) ressemblent beaucoup à celles citée ci-dessus par JMarc.
      Mon seul regret : j »ai fait fanny avec la ligne de traine, paraît que c »est normal…

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